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| Une association centenaire : le Club Cévenol ! |
| vue à travers ses pères fondateurs |
| PAUL ARNAL, 1871 – 1950, fondateur du Club Cévenol |
Le jeune Paul Arnal
collection famille Arnal |
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Né à Florac (Lozère), le 7 juin 1871, dans une famille d'artisans boulangers, il mourut à Nîmes (Gard), le 17 mai 1950.
Il épousa en 1901 Jeanne Grasset, de Nîmes, dont il eut enfants et petits-enfants.
Il fit ses études secondaires au Collège de Mende, puis au Lycée de Nîmes. Il fut bachelier en théologie de la Faculté de théologie protestante de Paris, en 1896.
Il fut pasteur à Cassagnas, à Vébron (1896 – 1910), à Uzès de 1910 à 1937. Après ce long ministère dans l’Uzège, il prit sa retraite à Nîmes.
Il fut l’apôtre du tourisme dans les Cévennes et dans les Causses. |
Le Club Cévenol fut fondé "au service des Cévennes et des Causses" à Florac, le 18 septembre 1894 par de jeunes émules enthousiastes du spéléologue Edouard-Alfred Martel, créateur de la spéléologie moderne, à la fois science et sport.
Le Club Cévenol fut installé officiellement en Lozère lors de sa première Assemblée Générale à Florac, en août 1895. L'association est une société de spéléologie, la première créée en France ("Un baptême de l’abîme est indispensable à tout membre du Club", a dit son fondateur). |
Elle est aussi une société de tourisme et à ce titre, la troisième en France après celles de Gérardmer et de Grenoble. Paul Amal, encore étudiant en théologie, y réunit toutes les bonnes volontés, loin des querelles partisanes ou religieuses, sur le terrain neutre du tourisme, pour le bien commun des Cévennes et des Causses, deux "pays", voisins mais distants, pour lesquels le Club Cévenol entendait être un lien puissant.
Dans l’action commune d'hommes désintéressés qui partagent le souci de l’avenir matériel et moral de leur petite patrie, il a fait avancer la réconciliation, encore difficile mais qu'il estimait déjà possible à l’aube du XXe siècle, entre ceux de ses contemporains qui acceptèrent "loyalement et lucidement de laisser en arrière les haines de clocher, les rancunes familiales, les passions encore mal éteintes". |
| Le Club Cévenol au début du siècle - collection famille Arnal |
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| Pour donner une audience nationale à son association et pour placer le Club Cévenol à l’écart des rivalités locales, Paul Arnal fit transférer en 1897 le siège de son Comité central ou Conseil d'administration de Florac au Musée Social à Paris. Le Club Cévenol abandonna également assez vite sa vocation proprement spéléologique pour devenir une grande association touristique et régionale étendant son influence à l’Hérault, le sud Aveyron, l’Ardèche. |
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Mais il a gardé son écusson portant ses armes originelles : échelle portative pour descendre dans les grottes croisée avec le vaste rouleau de cordes. Armes d'une association sportive créée pour la spéléologie d'exploration, devenue animatrice d'un régionalisme au service des Cévennes et des Causses. |
Paul Arnal fut l’inventeur en 1910 du site de Nîmes-le-vieux, un chaos rocheux dolomitique situé sur le plateau du Causse Méjean, auquel on accède par l'isthme de Perjuret.
Il a encouragé toutes les initiatives orientées vers le maintien et la création d'activités permettant aux Cévenols et aux Caussenards de continuer à vivre sur des terres minées par l'exode rural dont l'ampleur l'inquiétait. Il croyait en particulier aux bienfaits de "l'industrie touristique" pour donner une nouvelle prospérité aux Causses et aux Cévennes.
De tempérament volontariste, entraîneur d'hommes et foncièrement optimiste, Paul Amal a mérité son titre d'apôtre du tourisme dans les Cévennes. Il reste de sa pensée deux mots d'ordre pour le Club Cévenol : garder un esprit d'enthousiasme pour un pays magnifique et toujours dire que les Cévennes ne sont pas condamnées.
Paul Amal a soutenu en 1896 une thèse de théologie protestante sur L'Église Réformée de Florac avant la Révolution Française (Vals-les-Bains, imprimerie E.Aberlin, 115 pages). |
| Création de Causses & Cévennes |
Paul Arnal créa Causses et Cévennes, Bulletin trimestriel illustré du Club Cévenol, dont le premier numéro date du 15 juin 1895.
Il donna à cette revue, devenue aujourd'hui la doyenne des publications régionales, de nombreux articles de spéléologie et de tourisme.
Il demeura le secrétaire général du Club Cévenol jusqu'à sa mort. Ses rapports moraux publiés dans Causses et Cévennes demeurent le meilleur suivi de la vie du cette association jusqu'à la seconde guerre mondiale. Le Club Cévenol suspendit ses activités pendant les deux guerres. |
| Les actions du Club Cévenol |
En 1920, Paul Amal reconstitua le Club Cévenol, présidé de 1925 à 1951 par Pierre de Chambrun, député puis sénateur de la Lozère.
Dans l'entre deux guerres, le Club Cévenol s'intéressa particulièrement aux aménagements routiers. A son initiative, la route montant de St-Jean-du-Gard à St-Roman-de-Tousque, Le Pompidou et à la Can de l’Hospitalet fut réouverte à la "grande circulation" routière, en 1930, sous le nom de Corniche des Cévennes. Elle avait été détrônée par la route de la vallée, celle des vallées Borgne et du Tarnon à la fin du siècle précédent.
Grâce à l'opiniâtreté de Paul Amal, le chemin de Cabrillac menant à l'Observatoire de l'Aigoual fut ouvert en 1933, reliant le sommet de l'Aigoual au département de la Lozère par le versant atlantique du massif.
L'autre mot d'ordre du Club Cévenol est le reboisement. L'association soutint activement l’œuvre du forestier Max Nègre dans le massif de l'Aigoual.
On attend toujours le salut des Cévennes par le tourisme et le reboisement, ces deux vieilles solutions qui offrent des alternatives intéressantes face aux inquiétantes évolutions de l'économie et de la démographie locales. |
| Ceux qui servirent les Causses et les Cévennes |
Le livre d'or des bénévoles qui se dévouèrent particulièrement à l'association (Le Club Cévenol est une association désintéressée, fonctionnant par le bénévolat de membres volontaires, indépendante financièrement grâce aux cotisations de ses membres) et de la plupart des grands noms qui servirent les Causses et les Cévennes par leur action économique, touristique, culturelle, est la liste des médaillés du Club Cévenol.
La première Grande Médaille du Club Cévenol fut remise en 1896 à Félix Mazauric, secrétaire du groupe de Nîmes et explorateur de Bramabiau. C'était une médaille en argent gracieusement offerte par Auguste Boyer, premier président du Club Cévenol. |
Le pasteur Paul Arnal en octobre 1937
collection famille Arnal |
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On fit Paul Amal Chevalier de la Légion d'Honneur en 1929, pour ses mérites dans la promotion du tourisme français.
Florac, sa ville natale, a donné le nom de Paul-Arnal en 1952 à son parc public, vallon de verdure où jaillit la Source du Pêcher au pied du Causse Méjean. |
Après la mort de Paul Amal et dans les années cinquante, la section de Millau porte le Club Cévenol avec Louis Balsan, Jacques Rouire et l'imprimeur André Artières.
Louis Balsan (1903-1988), compagnon des dernières années de Martel, poursuivit les recherches spéléologiques de son maître, consignées dans son livre "Grottes et abîmes des Grands Causses" (Millau, 1950).
Spéléologue, préhistorien, archéologue, Balsan fut un grand secrétaire général du Club Cévenol (1950-1966) sous la présidence d'André de Rouville (1951-1972). L'aménagement routier et touristique des Causses et des Cévennes et la protection des sites eurent en Balsan un bouillant défenseur qui n'hésitait pas à interpeller vigoureusement les pouvoirs publics dans ses rapports moraux. |
| L'association développe son ancrage régional grâce à une nouvelle génération de bénévoles dont le modèle restera Robert Lavesque (1922-1984), de St-Jean du Gard, trésorier général du Club à partir de 1958, et plus que cela, mainteneur de l'idéal régional de l'association. |
| A la fin des années 1960, le Club Cévenol, longtemps prudent, prend résolument position pour la création d'un Parc National dans les Cévennes.
Dans les années 1970, le Club Cévenol prend position contre l'extension du camp du Larzac et soutint Louis Balsan, victime de sanctions administratives pour son engagement de " Rebelle ".
L'année 1975 peut être retenue comme année de départ d'une nouvelle période du Club Cévenol : le dernier quart du XXe siècle correspondant à la présidence de Philippe Joutard (1975-2001), historien (La Légende des Camisards, une sensibilité au passé, 1977), professeur à l'Université de Provence, puis Recteur d'Académie.
Philippe Joutard impulse un travail collectif d'équipe, de Cévenols du dedans et de Cévenols du dehors, selon l'expression de Max Olivier-Lacamp, journaliste et écrivain, Cévenol de Monoblet et de Paris.
A ses côtés, Daniel Travier, fondateur du Musée des Vallées Cévenoles à St-Jean du Gard, président de la Commission d'Action, créée à la fin des années quarante pour agir sur place car le Conseil d'administration était parisien, est au premier rang des intervenants locaux du Club Cévenol auprès des pouvoirs publics et du mouvement associatif régional.
Sous la présidence Joutard, fut voté le transfert du siège de l'association de Paris à Alès (Chambre de Commerce) en 1976. Les statuts de l'association furent modifiés en 1977, ce qui permit au Club Cévenol de définir une nouvelle approche du tourisme, toujours inscrite dans la suite des traditions d'accueil et d'hospitalité des Cévennes et des Causses (Article premier des statuts). Un tourisme qui n'est pas le tout tourisme, mais un tourisme respectueux du pays et de ses habitants et maîtrisé par ces derniers. La notion de patrimoine naturel, largement promue par les fondateurs qui ont proclamé le caractère magnifique, souvent admirable, des Causses et des Cévennes, a été explicitement étendue au patrimoine culturel qu'il faut aussi sauvegarder.
Mais le Club Cévenol n'a pas oublié pour autant ses origines. Il soutint en 1997 les différentes manifestations de l'année Martel. Philippe Joutard a gardé l'optimisme constructif (" A l'oeuvre pour les Cévennes et les Causses ", P.A., 1898) et le refus du défaitisme qui définissaient Paul Amal.
Dès 1975, il le dit dans une formule qui caractérisa sa présidence : "Je ne crois pas au Crève-Cévennes" (En référence au livre magnifique, mais pessimiste, de Chabrol paru en 1972).
Avec lui, l'association agit dans la mesure de ses moyens (bénévolat, action volontaire, désintéressée de ses membres) pour combattre la perte de confiance en l'avenir et le découragement, en se refusant de croire à la mort annoncée par certains des Causses et des Cévennes. Les Cévennes et les Causses ne sont pas condamnés. Ils n'ont pas derrière eux un discutable âge d'or et devant eux un avenir fenné. Des Cévenols et des Caussenards sont encore dans les Cévennes et dans les Causses. D'autres y viennent : les néo-cévenols depuis les années 1970, accueillis avec sympathie (cf Causses et Cévennes, n° 3, 1987). C'est pourquoi, le Club Cévenol encourage toutes les initiatives orientées vers le maintien et la création d'activités dans ces deux pays complémentaires.
Dans cet esprit, le Club Cévenol est intervenu dans les grandes questions concernant la région à la fin du XXe siècle et a travaillé à reconquérir une audience régionale. Privilégiant le travail de fond, le libre débat, ouvert aux idées contraires, dans le cadre du respect de l'autre, l'association, voulue comme lieu de réflexion et de rencontres, a fait avancer des dossiers ( cf Comptes Rendus de la Commission d'Action) et a démontré dans la participation à ses Assemblées g énérales qu'elle était une association écoutée (cf Comptes rendus de ses Congrès, tenus au cœur des Cévennes, jusque dans de petites localités, Barre, Vialas, ou Le Pompidou, ou dans les villes et grandes agglomérations de sa périphérie, Alès, Millau, Nîmes, Montpellier, Marseille ou Paris).
Le Club Cévenol fut à l'origine de deux importantes manifestations touristiques et culturelles dont l'impact est toujours très fort.
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Centenaire du voyage de R.L. Stevenson en 1978 dont il reste, outre l'itinéraire Stevenson, un livre plusieurs fois réédité: le Journal de Route en Cévennes de l'écrivain écossais, retrouvé en Californie par Jacques Poujol (Editions Privat à Toulouse et Club Cévenol). On connaît la vogue de Stevenson en Cévennes aujourd'hui.
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Colloque de Valleraugue en 1984 sur le refuge en Cévennes pendant la seconde guerre mondiale, issu des recherches fondatrices de Jacques Poujol, dont il reste un autre livre également réédité depuis sa parution en 1987: Cévennes. Terre de Refuge. 1940-1944 (sous la direction de Philippe Joutard, Jacques Poujol et Patrick Cabanel. Presses du Languedoc à Montpellier et Club Cévenol). Ce colloque fut un des premiers signes de l'intérêt nouveau que les Français allaient accorder au destin des Juifs sur leur territoire pendant l'Occupation.
D'autres colloques ont été consacrés aux Musées d'Identité à St-Jean du Gard, aux Cévennes et l'Europe à Montpellier, au tourisme de demain à Alès. Les Cévennes ont été européennes avant la lettre et l'image des Cévennes est présente en Europe, plus que celle d'un département ou même d'une région (par le Refuge huguenot, la guerre des Camisards, par les chemins de la soie, l'engagement d'Allemands et d'Espagnols antifascistes dans ses maquis... ). La dimension européenne des Cévennes est une donnée que l'association a relevé la première et qu'elle valorise comme un atout pour les Cévennes, petit élément de l'Union Européenne.
Le Club Cévenol a repris en 1975 la publication de ses Mémoires, avec La Vallée longue en Cévennes de Jean-Noël Pelen, puis Vébron, histoire d'un village cévenol de Robert Poujol en 1981, la Cévennes au village ou Barre des Cévennes de Jean-Paul Chabrol en 1983, le Voyage dans les Cévennes en 1877 d'August Ebrard en 1985.
Le Centenaire du Club Cévenol, célébré à Florac au mois d'août 1994, a justifié la parution de Dire les Cévennes, mille ans de témoignages, hommage aux Cévennes et aux g énérations d'habitants qui ont fait son identité, coordonné par Patrick Cabanel. Ce Livre des Cévennes a été suivi de Dire les Causses, publié en 2003 sous la direction de Jean-Luc Bonniol. Ces deux ouvrages collectifs ne sont pas des mausolées pour les pays défunts, mais constituent une mémoire pour demain, selon l'expression de leur préfacier Philippe Joutard.
Le Bulletin du Club Cévenol, fondé en 1895, a reçu l'attention constante, la plus suivie, la plus prioritaire de l'association. La direction de Causses et Cévennes, assurée après la mort de son fondateur par Louis Balsan puis Henri Malan, a été confiée à André-Georges Fabre, installé à Anduze, puis à Pat et Pierre Valette, installés au Vigan et venus au Club par le centenaire Stevenson (Pierre Valette organisant depuis une Coupe Stevenson de football, entre équipes de l'itinéraire et une équipe écossaise). Le nombre des lecteurs a été très sensiblement augmenté autour de numéros généralistes et une majorité de numéros à thèmes, confiés à des architectes différents. La revue est à la fois un bulletin d'association faisant le lien entre ses membres et une revue régionale. Sa collection est devenue une mine documentaire que l'on peut qualifier sans forfanterie d'essentielle sur les Causses et les Cévennes.
Le Club Cévenol est présidé depuis janvier 2002 par Jean-Hugues Carbonnier, Président de la section de Paris, avocat de l'association dans l'affaire du barrage de la Borie sur le Gardon de Mialet, auquel s'opposa le Club par décision majoritaire, après un débat ouvert et tolérant.
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